dimanche 25 juin 2017

Un auteur vient me parler : Thomas Vinau.



Hier, je fais quelques courses à Marche-en-Famenne. Je découvre la libraire Livre'S, librairie conviviale comme elle se nomme et il est vrai qu'on y est bien. Elle n'est pas grande, il y a un grand rayon enfants, je me hasarde en littérature, avec l'à priori que je ne vais y trouver que Machin et Truc qui passent à la télé. Et puis non, je tombe d'abord sur Régine Detambel (Les livres prennent soin de vous), en partie lu cette nuit, qui vient me chercher avec clarté sur la nécessité de lire et écrire et sur ce que le livre ranime en nous (en moi). Puis se présentent deux livres de Thomas Vinau (Bleu de travail, Ici ca va).

Thomas Vinau, je le connais au travers d'une lecture faite par François Bon, je lis son blog aussi de temps à autre, il m'a accepté comme ami Facebook, merci à lui. Mais je n'avais pas encore plongé dans la matière de ses livres.

Je lis les premières pages de Bleu de travail et hop c'est parti, ça vient me prendre pile là où il faut. Je ne peux pas encore expliquer pourquoi, c'est trop frais, en fait ça ne s'explique pas. Sur la 4ème de couverture ceci: "Il faut chaque jour plonger ses mains dans le cambouis, se coltiner au peu, au rien, aux petites beautés ratées. Ce sont des choses insignifiantes qui nous sauvent ou qui nous achèvent, qui nous écrasent ou nous tiennent debout." Si c'est pas pour moi ça...

Je n'ai lu que quelques fragments du livre; j'ai lu aussi quelques débuts de chapitres de Ici ca va. Evident que cette écriture est pour moi, impression que Thomas Vinau attendait que je lise ses bouquins puisqu'il les a écrit pour moi.
Ca n'arrive pas tous les jours.

Peu dormi du coup, car entre Régine Detambel et Thomas Vinau, les minutes étaient bouleversantes d'humanité.



Lecture par François Bon de Nous sommes tous des contrebandiers de l'oxygène

https://www.youtube.com/watch?time_continue=608&v=AuoQoTmfYCg

Le blog de Thomas Vinau

http://etc-iste.blogspot.be/



mercredi 21 juin 2017

Carnets d'un temps inconnu / 21-06-2017

C'est l'été.

C'est les mauvaises nouvelles qui sont bonnes.

C'est moins lourd mais c'est un traitement quand même.

C'est la peau brûlée, le poumon qui perd un peu de sa capacité mais "sauf si vous avez l'intention de faire le Tour de France, vous ne le sentirez pas."

C'est à nouveau à la une chez nous cette dinguerie terroriste.

C'est à se demander si après l'été, quand le gamin reprendra les cours, les stations de métro, les gares, je pourrai être serein.

C'est un scanner et puis quinze jours après le début des rayons.

C'est trois semaines de rayons, cinq fois par semaine. "Vous avez une préférence pour l'heure? On ne garantit rien mais si on peut faire plaisir."



C'est pas grand-chose et c'est beaucoup d'être un numéro qu'on considère et qu'on écoute. Un numéro à visage.

C'est impressionnant, en étant régulièrement dans deux hôpitaux de la région, de voir le monde qui déambule, hagard, dans les couloirs. L'impression que la moitié de la Belgique se fait soigner à l'hosto. Heureusement qu'il y a du soleil quand on sort.

C'est pas grave de ne pas donner cours l'an prochain. Je ne postulerai plus. Quand on voit qui est choisi, on comprend que les dés étaient jetés dès le départ. On déplace de grade des enseignants déjà en place, on a besoin d'aucune tête nouvelle, on ouvre à des candidatures extérieures pour le principe, mais on reste entre soi. Je comprends mieux pourquoi le jour où j'ai dû défendre ma candidature vers 19h devant un parterre d'enseignants et d'administratifs qui étaient là depuis 10 h du matin, le directeur m'a demandé discrètement de présenter mon projet pédagogique en cinq minutes (au lieu de 30...) car ils étaient en retard et fatigués. Et confirmation que les enseignants choisis sont eux-mêmes sortis de cette école (et certains sont de très bons camarades, je les respecte).  J'ai perdu mon temps, stressé, imaginé que peut-être ce serait une expérience chouette, qu'il était temps vu mon âge que je m'y coltine, etc, etc... Je sens surtout que je me rapproche du jour où je vais la trouver cette petite maison dans les Cévennes ou dans le Lot pour écrire et vivre avec trois chemises et en sandales. Et écrire, écrire, écrire.

C'est après-demain ce tournage pour le feuilleton télé. Plus de texte à dire que prévu. Et devoir se raser une partie de la barbe pour faire banquier. Il semblerait que les banquiers portent le bouc.



C'est plutôt rassurant que les mauvaises nouvelles soient bonnes.




samedi 17 juin 2017

Carnets d'un temps inconnu / 17-06-2017


Première chose ce matin: me désinscrire de la newsletter de Ecolo, parti pour lequel je vote depuis vingt ans. Ayant vaguement cotoyé l'un ou l'autre de ses membres, lisant de loin ce qu'ils disent et font, ayant appris bien malgré moi le comportement de certains petits élus avec l'argent public, j'en conclus que là comme ailleurs, ça use et abuse du pouvoir et des privilèges, des arrangements et des compromis. C'est la troisième fois que je tente de me désinscrire. Ils sont tenaces. Moi aussi.

Une semaine sans prendre de note. C'est que la tension des dernières semaines est revenue comme un boomerang. Sommeil pire que jamais, humeur maussade, lassitude, énergie enfouie je ne sais où, juste ce qu'il faut pour s'occuper des proches.
Mon anniversaire est passé comme ça. Reçu des messages qui m'ont chauffé le cœur car venus souvent de personnes que je connais peu mais avec lesquelles des liens se tissent au travers de l'écriture, des ateliers en ligne.



Reçu une carte d'anniversaire (et de soutien) de Philippe Girault-Daussan. Ca me touche beaucoup ce genre de geste. On ne s'est jamais rencontré avec Philippe, on a fait connaissance par les ateliers de François et on est devenu ami sur Facebook. J'espère qu'on se rencontrera. Comme ce fut le cas avec Canan Marasligil et Marlen Sauvage. Et même espoir avec Arnaud de la Cotte, Gwen Denieul, Anh Mat, Anne Savelli, Stewen Corvez, Françoise Durif, Erika Fulop, d'autres...

Le blog de Philippe Girault-Daussan : http://lesdestinataireseclaires.fr/

Grand questionnement chez moi sur la notion d'amitié. Après trente ans de théâtre, je constate bien peu d'amitiés solides. Il n'y a pas chez les théâtreux de fraternité, beaucoup d'intérêts personnels, de places à prendre. Bon.

La vidéo de Gwen Denieul me reste en tête.

https://www.youtube.com/watch?v=EY7Ompk_tmc&t=672s

Que reste-t-il de certaines amitiés qu'on croyait inébranlables? Je ne suis pas un modèle. Je me suis éloigné de quelques uns, les affinités s'estompaient, les discours épuisaient. C'est un mystère. Il faudra y revenir par l'écriture.

Passé chez le coiffeur. Un tunisien marié à une polonaise. Un athée à la voix éraillée. J'aime parler avec lui. Euronews en toile de fond, on aborde un peu tout, politique, éducation, attentats, enfants qui grandissent. Ca reste de la discussion de comptoir mais ça me va. J'ai toujours détesté parlé avec les coiffeurs, sauf avec lui. Et il a parfaitement compris, depuis 12 ans que j'y vais, ce que je voulais comme coupe, simple, il exécute ça en vingt minutes pour dix euros. Il a un beau sourire, on doit avoir le même âge. Il est resté mince lui, c'est la seule petite jalousie que je concède.

Lu les premières contributions à l'Atelier d'été de François Bon: personnages. C'est bluffant. Ca m'impressionne, idées, forme, style, le potentiel d'histoires est vertigineux... Je m'y suis mis, je peine, la facilité m'entraîne à prendre des personnes que je connais et dont j'ai juste envie de me foutre. Trop de cynisme. Là, l'idée me vient de prendre le chirurgien qui a opéré ma compagne. Beaucoup d'empathie pour lui, c'est une bonne piste.

Lu aussi le journal de Marlen Sauvage sur son blog Les Ateliers du Déluge. Marlen rédige par semaine ou quinzaine et on lit à deux mois d'intervalle environ. Quelque chose de fort dans son journal, la présence quotidienne de l'atelier d'écriture dans des contextes divers et son inscription dans un territoire précis, territoire que je commence à connaître un peu en Lozère. Grand fantasme chez moi, je le reconnais, d'aller m'installer là-bas. Mettre une heure trente pour faire quarante kilomètres me va bien. Eloge de la lenteur et de la géographie qui impose son rythme.

https://les-ateliers-du-deluge.com

On attend lundi.
Lundi, on saura quelle est la suite de l'opération, quelle sera la lourdeur des traitements.
On organisera la vie en fonction de cette présence quotidienne à l'hôpital. Plus tard, en juillet, j'aurai des nouvelles de mon cas, suite aux examens de juin.

Deux jours à la caravane dans les Ardennes, tenter d'avancer sur l'adaptation de Candide. Chercher quelques fromages de chèvre pas loin et faire les brocantes.

Sans doute mardi prochain, selon l'humeur, se faire un cinéma, le documentaire sur David Lynch.

Et vendredi, à mon tour de faire un peu de cinéma, de télévision plutôt. Une journée de tournage dans une série policière qui a le vent en poupe. Jouer un banquier. Comme si j'avais une tête de banquier.

Comme si j'avais une tête.


samedi 10 juin 2017

Carnets d'un temps inconnu / 10-06-2017



passé
fait
enlevé

défaits

pas débarrassés

entamé
entamés

affamés




qu'est-ce qu'après on vit
comment ça marche
quel est l'ordre
où faut-il viser
quel pas mettre devant quel autre
que ressentir
qu'oser dire
et comment
et à qui

quoi à qui



quoi
déjà quoi

qui en soi fournaise bataille

à surgir
à en découdre
secousses soubresauts empoignades heurts collisions déménagements
qui en soi
secousses soubresauts
y est trop
soubresauts empoignades heurts
heurts collisions déménagements
qui en soi loin

y est trop fort
depuis






mercredi 7 juin 2017

Carnets d'un temps inconnu / 07-06-2017


Hier.

- non on a demandé une chambre double
- ah bon, ici je vois chambre seule attendez


Les murs sont d'un bleu vif frigorifique, une horloge, une autre patiente tousse tousse tousse.


- nous n'avons pas de chambre double disponible
- et pour la facturation
- ne vous inquiétez pas installez vous dans la 24
- il n'y a pas d'oreiller
- ah oui je vais voir s'il reste des oreillers

Ainsi de suite jusqu'à atterrir en chambre 10.






Plus tard, les brancardiers se tromperont de service. Puis pour retourner dans le bon service, il n'y aura plus de brancardiers disponibles. Tout cela est rassurant.

Les deux prochaines années: consultation tous les quatre mois.
Les trois années suivantes : consultation tous les six mois.

Ramener de l'eau et des serviettes de bain. C'est pas l'hôtel ici. On a tendance à l'oublier.

Être inquiet pour l'autre, moins penser à soi.

Gérer fragilités, angoisses subites, pensées irrationnelles.

Dans Derborence de Ramuz, les sons, les voix, ce qu'on entend ou n'entend pas, ce qu'on identifie ou croit identifier, le drame arrive par le bruit lointain, improbable, sourd, un orage  démesuré, une montagne qui s'écroule. Le bruit et le silence, les voix et les cris, l'écoute et l'inquiétude, la crainte et le fantasme.

Ici l'hôpital s'anime dans toutes les langues, il y a un tel mélange de communautés qui viennent se faire soigner, ça se heurte quelque fois à l'accueil, à l'admission, dans les couloirs.



L'hôpital est une cité au cœur de la cité. Celui-ci, qui fait 18 hectares et ne voit pratiquement aucun bâtiment de plus de deux étages, l'est d'autant plus avec ses allées bordées d'arbres et ses pavillons somme toute assez beaux, conçus par Victor Horta.

L'hôpital vit en ville.


Il bat.


On s'y bat contre l'injuste qui a visage différent pour chacun.


Aujourd'hui.

Le premier pas est fait. Cela s'appelle une intervention.

- on voudrait un deuxième oreiller s'il vous plaît
- oh ça, les oreillers, parfois il n'y en a pas du tout

Ce fut la réponse de Marie-Thérèse.

mardi 6 juin 2017

Carnets d'un temps inconnu / 06-06-2017

Je ne sais pas ce qu'ici exactement j'écris.

Hier, au retour des Ardennes, pris le temps et trouvé (où) l'énergie de travailler sur l'adaptation de Candide. Il m'arrive de trouver l'oeuvre excessivement (péniblement) foutraque et c'est sans doute le sacré bordel qu'est le monde traversé par Candide qui me le rend si proche. Autant de faits, personnages et d'actions en si peu de pages... J'ai toujours été bluffé par ce récit farci d'invraisemblances et de raccourcis qui m'offre à chaque lecture (déjà monté à Avignon une autre version en 2000) des vignettes nouvelles, c'est de la bande dessinée avant l'heure. Ou du Time Lapse.

Peut-être que j'écris n'importe quoi.

Sacrées pluies ce matin par contraste à la dernière quinzaine qui nous a gratifié d'un soleil et d'une chaleur inversement proportionnels à notre état intérieur.

Regardé la vidéo de François Bon sur le festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo. Tellement de souvenirs liés à cette ville, cette région, Dinard, Dinan, Rennes plus bas, le Golfe du Morbihan de l'autre côté au sud, et l'amie Laurence disparue dans les noirceurs de l'alcool, sans plus aucune nouvelle vive depuis six ans, une dernière fois sa voix si faible au téléphone il y a deux ans. Dérive inouïe d'un être lumineux, mère de deux enfants du même âge que les miens, engloutie dans une dépression mortifère. Vingt ans d'amitié et ne plus savoir si elle est seulement vivante quelque part.





Hospitalisation aujourd'hui, intervention demain, le 6 juin est l'entrée dans un processus de soins dont on ignore l'issue. On ignore quel sera le quotidien, quelles forces il faudra puiser et où. L'amour est fort, on a ça comme socle.

J'écris certainement par amour, de peur de le perdre.

Passé la soirée d'hier à m'intéresser au régime Cétogène... On lit ce qu'on peut, sachant que les sucres favorisent le développement des mauvaises cellules. On réfléchit.

Que de cafouillages dans cet hôpital, raconterai ça demain.

Rentré après avoir acheté quelques plans de tomates en plus à repiquer dans la cour.

Le chat est en vadrouille.

Manger et continuer la lecture de Derborence de Ramuz, dont l'écriture est magnifique. Dire que j'avais ce bouquin depuis plus de 20 ans dans ma bibliothèque. Comme il jongle avec les temps dans sa narration! Puissant et fragile comme la montagne où se situe l'action.

J'écris comme on enfonce une porte, parce que je lis et tombe de ma chaise tellement c'est beau ou juste ou sidérant.

Quelques personnes ont laissé leur mail pour recevoir ceci que j'écris là. Des gens biens, des gens que j'admire, des gens que je lis. Des gens que je n'ai pas toujours rencontré. Ou pas encore. Depuis cinq ans que je suis surveillé et aujourd'hui que ma compagne est percutée à sont tour, et plus violemment plus soudainement, la question de l'amitié, des amitiés se pose, avec des esquisses de réponses étonnantes parfois.

Bu un verre de vin rouge. Et mal de tête dans la foulée.

Les limaces ont eu raison du plan de courgette. En mettre plus et espérer qu'elles n'aient pas le temps de tout s'accaparer. Espérer pour tout.

J'écris parce que c'est là que je peux stocker l'espoir.




lundi 5 juin 2017

Carnets d'un temps inconnu / 04-06-2017


Fatima est une des infirmières travaillant avec le professeur B. qui pratiquera l'intervention. Quand on est entré dans son bureau, le jour où on a appris l'existence de la chose, ma compagne l'a reconnue. Elles ont été  ensemble à l'école primaire.
Le professeur B. a parlé d'un test génétique qui est pratiqué aux Pays-Bas et coûte environ 4.000 euros mais n'est pas remboursé par la mutuelle. Ce test permettrait de décider plus sûrement si une chimiothérapie sera nécessaire ou pas. 4.000 euros... pas le temps d'écrire un roman à succès d'ici là...

Fatima nous dit quatre jours plus tard, alors que la date de l'intervention est fixée - tout va évidemment trop vite, bouscule, arrache du temps au temps de vie, envoie toute organisation à la poubelle - elle nous dit que ce test sera offert, ils le font une fois par an à une patiente, voilà ce sera pour elle, c'est comme ça, merci Fatima, cette femme discrète porte la lumière en elle, elle a défendu le dossier, au nom de quoi, pourquoi ma compagne et pas une autre femme, c'est injuste et terriblement juste pour nous.

Deux jours au cœur des Ardennes. Avant d'entrer dans le processus de soins.

Pas réussi à écrire un mot en deux jours.

Une brocante hier matin
des odeurs de pains saucisse
un hachoir à 1 euro
pluies passagères
restaurant au village
s'accorder un verre de vin
toujours ne rien comprendre
sauf que tout a changé
la vie s'est retournée comme une chaussette trouée
il y avait ce qu'on voyait et aussi ce qu'on ne voyait pas
et qui se cachait.

Trouvé l'envie et l'énergie de travailler à nos adaptations respectives, Zweig pour elle, Voltaire pour moi.

Les balades en forêt réveillent les douleurs articulaires. Longue descente dans la vallée et longue remontée, deux bouts de bois comme bâtons. En achèterai de vrais solides chez D... M'offrirai ça pour l'anniversaire qui vient dans quelques jours et qu'on ne fêtera pas.



Regardé un document sur le jeûne (ah Arte plus 7 sur le Net), en cas de chimio, en cas de tout, un peu de jeûne semble adéquat. Pour moi aussi, ferait pas de mal. Objectif perdre 8 kilos en 8 mois.

Souvent j'ai voulu perdre du poids, la volonté dure trois jours et s'envole au premier coup de blues. Ici, aujourd'hui, maintenant que nous tombons sur notre cul, j'espère harponner cette volonté défaillante et accompagner ma compagne dans la rigueur de l'alimentation.

Le petit gamin étudie loin d'ici. Les examens commencent. Il peine. Il rêve. Il n'est pas fait pour cet enseignement  pachydermique qui ne fait que formater des adolescents comme s'ils devaient tous embrasser des professions libérales. Chaque rencontre avec les professeurs m'effraie un peu plus.
Presque oublié que le grand gamin a annoncé qu'il s'installait avec des potes en septembre. Comme il ne sera pas là cet été non plus, je comprends que juin est le dernier mois de vie avec deux enfants. Je ne réalise pas bien. Trop à encaisser en un coup.

Installé Instagram sur mon téléphone. Aime bien ça. Pris quelques photos lors de la courte balade du soir autour de l'étang. Toujours fasciné par l'éclairage public qui perce le soir tombant. Dialogue avec une jeune vache.

Matin seul devant l'écran d'ordinateur. Café rassurant en contemplant la forêt. Pensée pour des messages amicaux venant de personnes encore jamais rencontrées en chair et en os.

Rentrer à Bruxelles dans l'après-midi. Certainement faire une dernière balade dans les éclaircies généreuses qu'on nous promet avant les orages.